In'n Out
Le Blog d'information interactive de Anne
ARGEMI
"L'actualité
c'est ce qui, ce matin, semble être quelque chose et, ce soir, ne sera plus
rien"
Jean Mistler
Les
syndicats français ont appelé la population à manifester en masse en ce 1er mai, journée traditionnelle du travail. Environ 300 rassemblements étaient prévus à travers le
pays pour protester contre la manière dont le gouvernement aborde et manœuvre dans cette crise économique que connais le monde en ce moment.
Tous les ans le 1er mai est accompagné de regroupement de foules de milliers de personnes dans les
rues. Mais cette année est différente, le chômage qui atteindra les 10% d’ici la fin de l’année et les 70 000 personnes qui ont rejoint les rangs des sans emploi le mois dernier, tout le
monde semblaient avoir le même gout amère dans la bouche.
Plutôt cette semaine lors d’une une grosse manifestation d’étudiants sur la rive gauche de Paris, seulement quelques manifestants étaient réellement préoccupés par la polémique sur la réforme universitaire annoncée, la plupart voulait donner leur avis et leurs craintes au sujet de la
crise actuelle.
Pourquoi les travailleurs devraient-ils payer pour cette crise économique ? Beaucoup de profits ont été réalisés dans beaucoup de domaines. Donc il y a de l’argent disponible dans les caisses qui devraient être utilisé pour les gens et non pour ceux qui en ont déjà. Vision simpliste mais qui traduit un réel malaise de la part de la jeunesse français qui est très inquiète pour son avenir.
Manifester dans les rues, ajoutent t’ils, est notre seul moyen de signifier au Président que nous ne sommes pas satisfaits de sa façon d’apréhander la crise et ses conséquences.
Quelques Politiques comme l’ancien Premier Ministre D. de Villepin, ont averti en disant que la France était au bord de la Révolution !
La semaine dernière, les employés de Continental ont mis à sac l’usine de Compiègne, en apprenant que leur entreprise allait fermée. Les derniers mois nous avons vu la ré émergence du « boss napping » comme moyen de pression pour accélérer les négociations entre patronat et employés. Cette méthode n’est pas nouvelle, elle était déjà très pratiquée dans les années 70. Ce qui est nouveau en revanche c’est que cela remplisse les portefeuilles de nouvelles sociétés de sécurité qui se spécialisent dans des formations « anti boss napping » affichant déjà des carnets de commande bien remplis. Nous vivons des temps étranges où les gens ne se sentent plus entendus et en viennent à la violence pour avoir gain de cause.
L’existence des « parachutes dorés » n’a bien entendu pas contribué à apaiser cette radicalisation des actions syndicales. En effet il y a un fort sentiment de la population, que peu est mis en œuvre pour protéger les salariés et leurs salaires alors que les actionnaires et les banques s’en mettent plein les poches et semblent être la priorité du gouvernement. Nicolas Sarkozy a publiquement condamné la séquestration des patrons par leurs employés mécontents, mais reconnaît qu’il faut aborder le problème avec beaucoup de précautions, vu la conjoncture actuelle. Le porte-parole du ministre de l’intérieur, Gérard Gachet a admit que le gouvernement était conscient qu’il ne fallait pas mettre de l’huile sur le feu en répondant de façon trop dure, que cela ne viendrait qu’en tout dernier ressort.
Le président Sarkozy et son image un peu trop ostentatoire, manque sérieusement de tact ce qui ne fait qu’attiser un ressenti déjà bien présent dans l’esprit des français envers leur « leader ».
L’historien Patrick Weil ne plaisante pas quand il suggère que la France soit au bord de la révolution :
« Quand vous avez cette colère, ce type de ressentiments, cette impression d’injustice, représentés par le pouvoir présidentiel, oui il a un terrain favorable à une révolte potentielle si
l’on veut éviter le mot révolution » Quand les actions syndicalisées des travailleurs se radicalisent, la politique fait de même.
Avec un gouvernement impopulaire et un parti socialiste d’opposition aussi faible, la gauche radicale
fait des partisans. La crise économique a donné une nouvelle crédibilité aux idéaux du nouvel anticapitalisme dirigé par le facteur Trotskiste Olivier Besancenot. Il serait enclin à refaire un
mai 68 jusqu’à ce que le gouvernement accepte d’augmenter les salaires et de surcroit le pouvoir d’achat.
C’est la 3ème manifestation nationale en 3 mois et 72% des français l’approuvent. L’avant dernière en mars, a regroupé entre 1.5 et 3 millions de personnes dans les rues. Ce n’est peut être pas
une coïncidence si quand les chiffres la semaine dernière ont montré un chômage de 20% chez les moins de 25 ans, Nicolas Sarkozy a annoncé une aide
de 1.3 milliards d’euros pour les jeunes.
Tous les gouvernements français devraient savoir qu’une jeunesse désenchantée et la colère des travailleurs dans les rues peut aboutir à un un cocktail explosif.
Notre président qui pofine le culte de "sa" personnalité et prépare sa place dans l’Histoire, se prenant pour le Roi Soleil, devrait prendre garde de ne pas finir comme Louis
XVI…
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